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Le O9 mai se réunissent comme chaque année les bones à Paris pour commémorer la mort de flyskin, bones tombé d'un toit. C'est la manif annuel facho.
L'année dernière, la manif antifa a été un flop alors que 600 bones défilaient impunément dans les rues de Paris.
Cette année, un appel national et international est lancé. Les antifas russes seront là, les allemands aussi. Strasbours, mulhouse, dijon, metz, nancy, mulhouse feront le déplacement en nombre alors que samedi dernier ils avaient fait une manif antifa autonome réunissant 400 reds à Metz.
Ne laissons plus la rue aux fachos. Malgré les km motivés vous, faites passés le mot
L'Examen Universel Périodique continue. Après le Bahrein, l'Equateur s'y est collé.
A cette occasion, le Conseil a eu l'occasion de se (re)pencher, à sa manière, sur les droits des homosexuels. La conclusion ? Ces droits sont bel et bien optionnels, et restent à la discrétion des Etats membres :
Les discriminations visant l'orientation sexuelle des individus pourront figurer dans les recommandations faites à un pays dans le cadre de l'Examen Périodique Universel (EPU), pour autant que ce pays se soit engagé au préalable sur ce point, soit au moment de postuler pour être membre du Conseil des droits de l'homme, soit dans son rapport national en vue de l'EPU
Certains pays se sont en effet vivement inquiétés de ce point :
Au nom du groupe africain, l'Egypte - avec le soutien des pays islamiques - a défendu cette restriction, en affirmant que les droits des homosexuels ne sont pas un droit humain universellement reconnu. (source : Tribune des droits humains)
Tout baigne au CDH... du moins pour les Humains hétérosexuels masculins.
Pays suivant !
L'Examen Universel Périodique continue. Après le Bahrein, l'Equateur s'y est collé.
A cette occasion, le Conseil a eu l'occasion de se (re)pencher, à sa manière, sur les droits des homosexuels. La conclusion ? Ces droits sont bel et bien optionnels, et restent à la discrétion des Etats membres :
Les discriminations visant l'orientation sexuelle des individus pourront figurer dans les recommandations faites à un pays dans le cadre de l'Examen Périodique Universel (EPU), pour autant que ce pays se soit engagé au préalable sur ce point, soit au moment de postuler pour être membre du Conseil des droits de l'homme, soit dans son rapport national en vue de l'EPU
Certains pays se sont en effet vivement inquiétés de ce point :
Au nom du groupe africain, l'Egypte - avec le soutien des pays islamiques - a défendu cette restriction, en affirmant que les droits des homosexuels ne sont pas un droit humain universellement reconnu. (source : Tribune des droits humains)
Tout baigne au CDH... du moins pour les Humains hétérosexuels masculins.
Pays suivant !
Fragments de pensée autonome pour rediffusions autonomes du lien, tout support, tout ou partie.
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Manifeste solidaire avec les anarchistes et les mouvements sociaux du Vénézuela
[TIERRA Y LIBERTAD, periódico mensual de la Federación Anarquista Ibérica, #227, junio 2007]
Au premier trimestre 2007, 23 manifestations populaires furent réprimées par le gouvernement vénézuelien et 99 activistes furent détenus. Ce fait évoque le malaise grandissant ainsi que la criminalisation des revendications sociales dans ce pays latinoaméricain, réalité recouverte par la propagande et la mystification d'un régime qui se valorise comme l'avant garde du "socialisme du XXI siècle", avec l'appui de différents groupements et personnages liés à la gauche autoritaire du monde entier.
Malgré tout, ceux qui s'intéressent à la situation réelle des opprimés et des exploités au Vénézuela connaissent les inconséquences et les contradictions du gouvernement populiste emmené par le militaire Hugo Chavez. Loin d'avancer structurellement vers la réduction des inégalités et le déroulement des possibilités de développement social, le gouvernement régnant à Caracas continue à maintenir une des distributions des richesses les plus injustes du Continent, approfondissant de surcroît le rôle assigné au pays par la globalisation économique comme fournisseur d'énergie au marché mondial, avec les corporations transnationales du pétrole comme associées choyées et bénéficiaires principales de l'action de l'Etat vénézuelien. Après huit années et demi d'un gouvernement comptant sur les plus hauts cours du pétrole, avec une rentrée fiscale la plus élevée de l'histoire nationale, les résultats sociaux des politiques du chavisme sont médiocres, l'apparition d'une nouvelle bourgeoisie parasitaire des faveurs de l'Etat, la "bourgeoisie bolivarienne", en étant l'aspect le plus remarquable.
Selon des statistiques et des informations gouvernementales récentes, 5 millions de travailleurs -46,5% de la force travailleuse- se maintiennent dans le secteur informel de l'économie, 43% des travailleurs reçoivent une rémunération inférieure au minimum légalement permis -un peu plus de 200 dollars par mois-, 2 millions et demi de personnes rêvent d'une habitation décente, 18% de la population souffre de dénutrition, le réseau des hopitaux publics présente des carences et des limites de tous types, 90% de la population indigène vit dans des conditions de pauvreté, plus de 400 personnes meurent violemment chaque année dans les prisons et il y a une moyenne mensuelle de 15 personnes tuées par les corps répressifs de l'Etat.
Le gouvernement vénézuelien a maintenu ces cinq dernières années une dispute intra-classe avec certains secteurs traditionnels de la bourgeoisie locale, au moyen d'une forte polarisation politico-électorale qui a permis de diviser, d'immobiliser et de récupérer les mouvements sociaux du pays.
Quiconque critique la corrompue, inefficace et frondeuse bureaucratie officielle est qualifiée de suite comme étant "au service de l'impérialisme" et, sous couvert de "faire face aux pratiques de coups d'état et aux provocations réactionnaires", diverses lois ont été promulguées qui pénalisent avec la plus grande force les actions de rue et les grèves dans les entreprises de base de l'Etat. Ce sont là des pans des mécanismes légaux qui, depuis 2006, ont été utilisés contre les mobilisations populaires qui, en tentant de récupérer leurs propres revendications, manifestent toute les semaines pour le droit à la sécurité personnelle, pour un logement digne, l'emploi et des conditions de travail décentes. La réponse gouvernementale a été des bombes lacrimogènes, du plomb et des détentions.
Devant la polarisation qui trompe et qui est vécue dans le pays, et en particulier en réplique au mandat présidentiel de dissoudre des partis et d'autres groupements pré-existants pour s'affilier au parti unique du chavisme, le PSUV, diverses organisations du Vénézuela essaient de construire des espaces d'autonomie pour les mouvements sociaux. Parmi ces organisations, il faut remarquer le travail des compagnons hommes et femmes, anarchistes, qui, à partir de diverses initiatives, comme la publication et la diffusion du journal El Libertario, construisent une alternative éloignée autant de l'opposition socialdémocrate et de droite que du capitalisme de l'Etat bolivarien. Mais cet effort anarchiste pour construire des options et des voies conséquemment autonomes impliquent des risques : le Libertario, par exemple, doit faire face à une campagne systématique de récriminations et est discrédité par des groupements factices payés par l'Etat, ainsi qu'à un harcèlement croissant contre l'activisme anti-autoritaire.
Ce présent manifeste veut rappeller aux compagnons et compagnes libertaires du Vénézuela, ainsi qu'aux autres organisations sociales autonomes de base dans ce pays, qu'ils peuvent compter avec notre estime, notre appui et notre solidarité. Nos organisations et initiatives anarchistes dénonceront, dans la mesure de leurs possibilités, la démagogie et l'incohérence qui se cachent sous l'alibi de la "révolution bolivarienne", en activant les mécanismes d'appuis nécessaires à chaque attaque gouvernementale contre les aspirations concrètes de justice sociale et de liberté du peuple vénézuelien.
Manifeste solidaire avec les anarchistes et les mouvements sociaux du Vénézuela
[TIERRA Y LIBERTAD, periódico mensual de la Federación Anarquista Ibérica, #227, junio 2007]
Au premier trimestre 2007, 23 manifestations populaires furent réprimées par le gouvernement vénézuelien et 99 activistes furent détenus. Ce fait évoque le malaise grandissant ainsi que la criminalisation des revendications sociales dans ce pays latinoaméricain, réalité recouverte par la propagande et la mystification d'un régime qui se valorise comme l'avant garde du "socialisme du XXI siècle", avec l'appui de différents groupements et personnages liés à la gauche autoritaire du monde entier.
Malgré tout, ceux qui s'intéressent à la situation réelle des opprimés et des exploités au Vénézuela connaissent les inconséquences et les contradictions du gouvernement populiste emmené par le militaire Hugo Chavez. Loin d'avancer structurellement vers la réduction des inégalités et le déroulement des possibilités de développement social, le gouvernement régnant à Caracas continue à maintenir une des distributions des richesses les plus injustes du Continent, approfondissant de surcroît le rôle assigné au pays par la globalisation économique comme fournisseur d'énergie au marché mondial, avec les corporations transnationales du pétrole comme associées choyées et bénéficiaires principales de l'action de l'Etat vénézuelien. Après huit années et demi d'un gouvernement comptant sur les plus hauts cours du pétrole, avec une rentrée fiscale la plus élevée de l'histoire nationale, les résultats sociaux des politiques du chavisme sont médiocres, l'apparition d'une nouvelle bourgeoisie parasitaire des faveurs de l'Etat, la "bourgeoisie bolivarienne", en étant l'aspect le plus remarquable.
Selon des statistiques et des informations gouvernementales récentes, 5 millions de travailleurs -46,5% de la force travailleuse- se maintiennent dans le secteur informel de l'économie, 43% des travailleurs reçoivent une rémunération inférieure au minimum légalement permis -un peu plus de 200 dollars par mois-, 2 millions et demi de personnes rêvent d'une habitation décente, 18% de la population souffre de dénutrition, le réseau des hopitaux publics présente des carences et des limites de tous types, 90% de la population indigène vit dans des conditions de pauvreté, plus de 400 personnes meurent violemment chaque année dans les prisons et il y a une moyenne mensuelle de 15 personnes tuées par les corps répressifs de l'Etat.
Le gouvernement vénézuelien a maintenu ces cinq dernières années une dispute intra-classe avec certains secteurs traditionnels de la bourgeoisie locale, au moyen d'une forte polarisation politico-électorale qui a permis de diviser, d'immobiliser et de récupérer les mouvements sociaux du pays.
Quiconque critique la corrompue, inefficace et frondeuse bureaucratie officielle est qualifiée de suite comme étant "au service de l'impérialisme" et, sous couvert de "faire face aux pratiques de coups d'état et aux provocations réactionnaires", diverses lois ont été promulguées qui pénalisent avec la plus grande force les actions de rue et les grèves dans les entreprises de base de l'Etat. Ce sont là des pans des mécanismes légaux qui, depuis 2006, ont été utilisés contre les mobilisations populaires qui, en tentant de récupérer leurs propres revendications, manifestent toute les semaines pour le droit à la sécurité personnelle, pour un logement digne, l'emploi et des conditions de travail décentes. La réponse gouvernementale a été des bombes lacrimogènes, du plomb et des détentions.
Devant la polarisation qui trompe et qui est vécue dans le pays, et en particulier en réplique au mandat présidentiel de dissoudre des partis et d'autres groupements pré-existants pour s'affilier au parti unique du chavisme, le PSUV, diverses organisations du Vénézuela essaient de construire des espaces d'autonomie pour les mouvements sociaux. Parmi ces organisations, il faut remarquer le travail des compagnons hommes et femmes, anarchistes, qui, à partir de diverses initiatives, comme la publication et la diffusion du journal El Libertario, construisent une alternative éloignée autant de l'opposition socialdémocrate et de droite que du capitalisme de l'Etat bolivarien. Mais cet effort anarchiste pour construire des options et des voies conséquemment autonomes impliquent des risques : le Libertario, par exemple, doit faire face à une campagne systématique de récriminations et est discrédité par des groupements factices payés par l'Etat, ainsi qu'à un harcèlement croissant contre l'activisme anti-autoritaire.
Ce présent manifeste veut rappeller aux compagnons et compagnes libertaires du Vénézuela, ainsi qu'aux autres organisations sociales autonomes de base dans ce pays, qu'ils peuvent compter avec notre estime, notre appui et notre solidarité. Nos organisations et initiatives anarchistes dénonceront, dans la mesure de leurs possibilités, la démagogie et l'incohérence qui se cachent sous l'alibi de la "révolution bolivarienne", en activant les mécanismes d'appuis nécessaires à chaque attaque gouvernementale contre les aspirations concrètes de justice sociale et de liberté du peuple vénézuelien.
!
La Police te réprime sur tes blocages, Le Service d'Ordre te (n)fl-ique dans les manifs !
Camarades lycéenNE, Tu descends une nouvelle fois dans la rue et l'immuable manif refait surface. Les cortèges envahissent la rue, les slogans plus ou moins radicaux fusent, il y a de la zique et des gens sympas avec qui on peut causer. Bref, l'ambiance est bonne et la lutte s'annonce festive. Jusque là, pas trop de nouveautés par rapport aux mouvements lycéens classiques. Néanmoins, un truc saute immédiatement aux yeux : le comportement du Service d'Ordre (ou S.O) dans la manif.
On est pas au Club Med' ici ! Nous pensons qu'il est encore plus craignos que d'habitude. Explications : Prenons la dernière manifestation (mardi 8 avril). Qu'est-ce que nous avons pu voir ? En tête de cortège, un petit groupe de manifestantEs avec un brassard sécurité gravitent autour de la voiture sono. Ce groupe est obsédé par la droiture de la banderole et ne supporte pas que l'on puisse y passer devant. Il cause compulsivement avec un type muni d'un talkie (autrement dit un flic, un RG, un keuf, un cogne…). La collaboration avec la Police est poussée à l'extrême et ne se cantonnent pas à être de serviles courroies de transmission du Pouvoir et de ses sbires policierEs. Nos gentilLEs organisateurTRICEs ne s'arrêtent pas à la parlotte, mais désignent clairement aux flics des gens venus soutenir sans arrières pensées le mouvement. Big up aux deux fayots, qui se plaignaient des anarchistes à la voiture de police en tête de cortège et qui ont données leurs numéros de téléphone pour devenir de bons informateurs. Egalement, le S.O dispose d'un numéro direct avec les services de Police. On pique le boulot des autres maintenant ou on se fait pistonner pour l'Ecole de Police ?
Comment arrivent-ils/elles à justifier leurs actes ? Tout simplement, en invoquant le sentiment altruiste de sécurité. Cet argument ne sert qu'à se donner bonne conscience. A notre sens, seuls les sentiments de puissance et d'autorité guident ces pratiques chez ceux/celles qui se sont autoproclaméEs chefFEs du mouvement. Il y a aussi un objectif politique, celui de contrôler le déroulement et la stratégie globale de la lutte, en « éliminant » les tendances politiques en désaccord.
Face à ces comportements, on hallucine pas mal, on se sent triste qu'une bonne vieille technique de lutte soit récupérée et pervertie de cette manière. Un S.O ? Quézako ? Dans la véritable conception militante, un S.O est un regroupement de personnes avec un objectif clair : la défense du cortège face aux actions de la Police et des groupes fascistes. Il se forme en groupe affinitaire pour établir un rapport de force solide en cas de problèmes et veiller à que tout le monde s'en sorte sans trop de casse. Le S.O ne collabore jamais avec les forces répressives d'Etat car collaborer avec la Police aide le Gouvernement à amoindrir notre contestation. Ce gouvernement est celui-là même qui nous oppresse en nous infligeant ses réformes. Ces tristes individuEs avec leur brassard n'ont aucun rapport avec un véritable Service d'Ordre qui lui est un outil au service des manifestantES. Ils/Elles ne sont que les chiens de garde serviles du système contre lequel nous luttons.
En conséquence, nous condamnons clairement ces pratiques et appelons à s'organiser efficacement contre ces dérives.
La condamnation c'est bien, s'organiser c'est mieux ! Nous pensons que cette situation dans nos cortèges n'est pas insurmontable. Une solution simple existe pour contrer la trahison de nos mouvements : l'auto organisation. Il est temps de se grouper et de prendre en main nos propres décisions et/ou revendications en passant par la Démocratie Directe. Dans cet esprit, nous pensons qu'un mouvement doit être autogestionnaire sans personnes qui puissent décider à notre place de ce que nous voulons faire de nos vies. UnE chefFE ne sert strictement à rien, alors désobéissons en permanence aux consignes autoritaires et formons nos propres S.O qui portent les décisions collectives. Aussi n'ayons pas peur de dénoncer ces pratiques en public. Notre silence est la puissance des futurEs chefaillonNEs
En définitive, arrêtons de trouver normale l'attitude de ces mini-keufs et autres chefaillonNEs. Ils/elles ne tirent leur puissance que de notre passivité. Si nous nous organisons à la base du mouvement, ceux/celles qui récupèrent et contrôlent nos luttes se retrouveront bien seulEs… ou du moins avec leurs copains/copines de l'Hôtel de Police.
"Nous avons forgé nos propres chaînes." Errico Malatesta
Union des EtudiantEs Marxistes-Libertaires et autres non sympathisantEs. RéuniEs au sein du Groupe « Contre tous les Dzerjinski en puissance
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La Police te réprime sur tes blocages, Le Service d'Ordre te (n)fl-ique dans les manifs !
Camarades lycéenNE, Tu descends une nouvelle fois dans la rue et l'immuable manif refait surface. Les cortèges envahissent la rue, les slogans plus ou moins radicaux fusent, il y a de la zique et des gens sympas avec qui on peut causer. Bref, l'ambiance est bonne et la lutte s'annonce festive. Jusque là, pas trop de nouveautés par rapport aux mouvements lycéens classiques. Néanmoins, un truc saute immédiatement aux yeux : le comportement du Service d'Ordre (ou S.O) dans la manif.
On est pas au Club Med' ici ! Nous pensons qu'il est encore plus craignos que d'habitude. Explications : Prenons la dernière manifestation (mardi 8 avril). Qu'est-ce que nous avons pu voir ? En tête de cortège, un petit groupe de manifestantEs avec un brassard sécurité gravitent autour de la voiture sono. Ce groupe est obsédé par la droiture de la banderole et ne supporte pas que l'on puisse y passer devant. Il cause compulsivement avec un type muni d'un talkie (autrement dit un flic, un RG, un keuf, un cogne…). La collaboration avec la Police est poussée à l'extrême et ne se cantonnent pas à être de serviles courroies de transmission du Pouvoir et de ses sbires policierEs. Nos gentilLEs organisateurTRICEs ne s'arrêtent pas à la parlotte, mais désignent clairement aux flics des gens venus soutenir sans arrières pensées le mouvement. Big up aux deux fayots, qui se plaignaient des anarchistes à la voiture de police en tête de cortège et qui ont données leurs numéros de téléphone pour devenir de bons informateurs. Egalement, le S.O dispose d'un numéro direct avec les services de Police. On pique le boulot des autres maintenant ou on se fait pistonner pour l'Ecole de Police ?
Comment arrivent-ils/elles à justifier leurs actes ? Tout simplement, en invoquant le sentiment altruiste de sécurité. Cet argument ne sert qu'à se donner bonne conscience. A notre sens, seuls les sentiments de puissance et d'autorité guident ces pratiques chez ceux/celles qui se sont autoproclaméEs chefFEs du mouvement. Il y a aussi un objectif politique, celui de contrôler le déroulement et la stratégie globale de la lutte, en « éliminant » les tendances politiques en désaccord.
Face à ces comportements, on hallucine pas mal, on se sent triste qu'une bonne vieille technique de lutte soit récupérée et pervertie de cette manière. Un S.O ? Quézako ? Dans la véritable conception militante, un S.O est un regroupement de personnes avec un objectif clair : la défense du cortège face aux actions de la Police et des groupes fascistes. Il se forme en groupe affinitaire pour établir un rapport de force solide en cas de problèmes et veiller à que tout le monde s'en sorte sans trop de casse. Le S.O ne collabore jamais avec les forces répressives d'Etat car collaborer avec la Police aide le Gouvernement à amoindrir notre contestation. Ce gouvernement est celui-là même qui nous oppresse en nous infligeant ses réformes. Ces tristes individuEs avec leur brassard n'ont aucun rapport avec un véritable Service d'Ordre qui lui est un outil au service des manifestantES. Ils/Elles ne sont que les chiens de garde serviles du système contre lequel nous luttons.
En conséquence, nous condamnons clairement ces pratiques et appelons à s'organiser efficacement contre ces dérives.
La condamnation c'est bien, s'organiser c'est mieux ! Nous pensons que cette situation dans nos cortèges n'est pas insurmontable. Une solution simple existe pour contrer la trahison de nos mouvements : l'auto organisation. Il est temps de se grouper et de prendre en main nos propres décisions et/ou revendications en passant par la Démocratie Directe. Dans cet esprit, nous pensons qu'un mouvement doit être autogestionnaire sans personnes qui puissent décider à notre place de ce que nous voulons faire de nos vies. UnE chefFE ne sert strictement à rien, alors désobéissons en permanence aux consignes autoritaires et formons nos propres S.O qui portent les décisions collectives. Aussi n'ayons pas peur de dénoncer ces pratiques en public. Notre silence est la puissance des futurEs chefaillonNEs
En définitive, arrêtons de trouver normale l'attitude de ces mini-keufs et autres chefaillonNEs. Ils/elles ne tirent leur puissance que de notre passivité. Si nous nous organisons à la base du mouvement, ceux/celles qui récupèrent et contrôlent nos luttes se retrouveront bien seulEs… ou du moins avec leurs copains/copines de l'Hôtel de Police.
"Nous avons forgé nos propres chaînes." Errico Malatesta
Union des EtudiantEs Marxistes-Libertaires et autres non sympathisantEs. RéuniEs au sein du Groupe « Contre tous les Dzerjinski en puissance
Uri Avnery - 5 avril 2008
Les médias du monde versent des larmes pour le peuple tibétain, dont le pays est volé par des colons chinois. Qui se préoccupe des Palestiniens, dont la terre est confisquée par nos colons ?
" He ! Bas les pattes ! Pas vous ! Vous !!! – la voix d'une jeune femme dans l'obscurité du cinéma, une vieille blague.
" He ! Hors du Tibet !" s'exclame le chœur international, "Mais pas de Tchétchénie ! Pas du Pays basque ! Et certainement pas de Palestine !" Et ça, ce n'est pas une blague.
COMME TOUT UN CHACUN, je soutiens le droit du peuple tibétain à l'indépendance, ou au moins à l'autonomie. Comme tout le monde, je condamne les exactions que le gouvernement chinois y commet. Mais contrairement aux autres, je ne suis pas prêt à me joindre aux manifestations
Pourquoi ? Parce que j'ai le sentiment désagréable qu'on me soumet à un lavage de cerveau, que tout cela est de l'hypocrisie.
Un peu de manipulation ne me dérange pas. Après tout, ce n'est pas par hasard que les révoltes ont commencé au Tibet la veille des Jeux olympiques à Pékin. C'est très bien. Un peuple qui se bat pour sa liberté a le droit d'utiliser chaque occasion qui se présente et qui peut servir son combat.
Je soutiens les Tibétains bien qu'il soit évident que les Américains utilisent cette lutte à leurs propres fins. Il est clair que la CIA a planifié et organisé les révoltes, et que les médias américains mènent une campagne à l'échelle mondiale. Celle-ci fait partie de la guerre souterraine entre les Etats-Unis, la superpuissance actuelle, et la Chine, la superpuissance montante – une nouvelle version du "Grand Jeu" qui fut joué en Asie centrale au XIXe siècle par l'empire britannique et la Russie. Le Tibet est un jeton dans ce jeu.
Je suis même prêt à ne pas tenir compte du fait que les gentils Tibétains ont perpétré un pogrom meurtrier contre d'innocents Chinois, tuant femmes et hommes et brûlant maisons et boutiques. Il arrive que d'atroces débordements se produisent au cours des luttes de libération.
Non, ce qui me gêne vraiment est l'hypocrisie des médias du monde. Ils font un raffut du diable sur le Tibet. A longueur de milliers d'éditoriaux et de débats, ils maudissent l'affreuse Chine et la couvrent d'injures. C'est comme si les Tibétains étaient le seul peuple du monde privé, par la force brutale, de son droit à l'indépendance, comme s'il suffisait que Pékin ôte ses sales pattes des moines vêtus de safran pour que tout aille pour le mieux dans ce meilleur des mondes possibles.
IL N'Y A PAS DE DOUTE que les Tibétains ont le droit de gouverner leur propre pays, de défendre leur exceptionnelle culture, de promouvoir leurs institutions religieuses et d'empêcher des colons étrangers de les submerger.
Mais les Kurdes de Turquie, d'Irak, d'Iran et de Syrie n'ont-ils pas les mêmes droits ? Et les habitants du Sahara occidental, dont le territoire est occupé par le Maroc ? Et les Basques en Espagne ? Et les Corses au large des côtes de France ? La liste est longue.
Pourquoi les médias du monde adoptent-ils telle lutte d'indépendance, mais ignorent souvent cyniquement telle autre ? Qu'est-ce qui rend le sang d'un Tibétain plus rouge que le sang de mille Africains de l'est du Congo ?
Sans cesse j'essaie de trouver une réponse satisfaisante à cette question. En vain.
Emmanuel Kant nous a recommandé : "Agissez comme si le principe selon lequel vous agissez était une loi universelle de la nature." (Etant un philosophe allemand, il exprimait cela dans un langage beaucoup plus alambiqué.) L'attitude envers le problème tibétain est-elle conforme à cette règle ? Reflète-t-elle notre attitude à l'égard des luttes d'indépendance de tous les autres peuples opprimés ?
Pas du tout.
POURQUOI, ALORS, les médias internationaux font-ils des discriminations entre les différentes luttes de libération à travers le monde ?
Ici, quelques considérations importantes me semblent nécessaires :
- Le peuple qui cherche l'indépendance a-t-il une culture particulièrement exotique ?
- Est-il séduisant, c'est-à-dire "sexy" du point de vue médiatique ?
- La lutte est-elle dirigée par une personnalité charismatique aimée des médias ?
- Le gouvernement oppresseur est-il antipathique aux yeux des médias ?
- Le gouvernement oppresseur appartient-il au camp pro-américain ? C'est un facteur important, puisque les Etats-Unis dominent une grande partie des médias internationaux, et que leurs agences de presse et leurs réseaux télévisés définissent le programme et la terminologie des informations.
- Le conflit met-il en cause des intérêts économiques ?
- Le peuple opprimé a-t-il des porte-parole doués, capables d'attirer l'attention et de manipuler les médias ?
DE CES POINTS DE VUE, il n'y a pas mieux que les Tibétains. Ils bénéficient de conditions idéales.
En bordure de l'Himalaya, ils sont situés dans l'un des plus beaux paysages du monde. Pendant des siècles, y arriver était déjà une aventure. Leur religion exceptionnelle a suscité la curiosité et la sympathie. Leur non-violence est très séduisante et assez souple pour couvrir même les pires atrocités, comme le récent pogrom. Le dirigeant exilé, le Dalai-Lama, est un personnage romantique, une rock-star médiatique. Le régime chinois est haï de beaucoup de gens – par les capitalistes parce que c'est une dictature communiste, par les communistes parce qu'il est devenu capitaliste. Il promeut un matérialisme vulgaire et dégoûtant, à l'opposé des moines bouddhistes spirituels qui passent leur temps à prier et à méditer.
Quand la Chine construit un chemin de fer jusqu'à la capitale tibétaine sur des milliers de kilomètres inhospitaliers, l'Occident n'admire pas la prouesse technique, mais voit (très justement) un monstre de fer qui apporte des centaines de milliers de colons chinois Han dans le territoire occupé.
Et bien sûr, la Chine est un pouvoir émergeant, dont les réussites économiques menacent l'hégémonie américaine sur le monde. Une grande partie de la fragile économie américaine appartient déjà directement ou indirectement à la Chine. L'énorme empire américain est en train de s'enfoncer désespérément dans la dette, et la Chine pourrait bientôt être son plus gros prêteur. L'industrie manufacturière américaine est en train de se déplacer vers la Chine, emportant des milliers d'emplois avec elle.
En comparaison, qu'ont les Basques à offrir, par exemple ? Comme les Tibétains, ils habitent un territoire contigu, la plus grande partie en Espagne, une partie en France. Ils sont aussi un peuple ancien ayant sa propre langue et sa propre culture. Mais celles-ci ne sont pas exotiques et ne suscitent pas un intérêt particulier. Pas de moulins à prières. Pas de moines en robe.
Les Basques n'ont pas de chef romantique, comme Nelson Mandela ou le Dalaï-Lama. L'Etat espagnol, qui s'est construit sur les ruines de la dictature franquiste détestée, jouit d'une grande popularité dans le monde. L'Espagne appartient à l'Union européenne, qui est plus ou moins dans le camp américain, tantôt plus, tantôt moins.
La lutte armée des clandestins basques est abhorrée par beaucoup et considérée comme du "terrorisme", surtout après que l'Espagne a accordé aux Basques une large autonomie. Dans ces circonstances, les Basques n'ont aucune chance de gagner le soutien mondial pour leur indépendance.
Les Tchétchènes devraient être dans une meilleure position. Eux aussi sont un peuple spécifique, qui a longtemps été opprimé par les tsars de l'empire russe, y compris Staline et Poutine. Mais hélas, ils sont musulmans – et dans le monde occidental, l'islamophobie occupe maintenant la place qui, pendant des siècles était réservée à l'antisémitisme. L'Islam est devenu synonyme de terrorisme, il est perçu comme une religion de sang et de meurtre. Bientôt on nous dira que les Musulmans massacrent les enfants chrétiens et utilisent leur sang pour cuire le pain. (En réalité, c'est bien sûr la religion de dizaines de populations complètement différentes, de l'Indonésie au Maroc et du Kosovo à Zanzibar.)
Les Etats-Unis ne craignent pas Moscou autant que Pékin. Contrairement à la Chine, la Russie ne ressemble pas à un pays qui pourrait dominer le monde au XXIe siècle. L'Occident n'a aucun intérêt à relancer la Guerre Froide, alors qu'il en a un à relancer les croisades contre l'Islam. Les pauvres Tchétchènes, qui n'ont pas de dirigeant charismatique ou de porte-parole remarquables, ont été bannis de la Une des journaux. Poutine peut les frapper comme il veut, tuer des milliers de gens et détruire des villes entières, de toute façon ça n'intéresse personne.
Cela n'empêche pas Poutine de soutenir les revendications de l'Abkhazie et de l'Ossétie du sud pour se séparer de la Géorgie, pays qui exaspère la Russie.
SI EMMANUEL KANT savait ce qui se passe au Kosovo, il se gratterait la tête.
La province a demandé son indépendance de la Serbie, et moi, le premier, l'ai soutenu de tout mon cœur. C'est un peuple spécifique, qui a une culture différente (albanaise) et sa propre religion (l'islam). Après que le populaire dirigeant serbe, Slobodan Milosevic, eut essayé de les chasser de leur pays, le monde s'est levé et a apporté un soutien moral et matériel à leur lutte pour l'indépendance.
Les Kosovars albanais représentent 90% des citoyens du nouvel Etat, qui a une population de deux millions de personnes. Les dix autres pour cent sont Serbes et ils ne veulent pas faire partie du nouveau Kosovo. Ils veulent que les zones où ils vivent soient annexées à la Serbie. Selon la maxime de Kant, ont-ils raison de le faire ?
Je proposerais un principe moral pragmatique : chaque population qui habite un territoire défini et a des spécificités nationales claires a le droit à son indépendance. Un Etat qui veut garder une telle population en son sein doit faire en sorte qu'elle s'y sente bien, qu'elle bénéficie de ses pleins droits, qu'elle jouisse de traitements égalitaires et qu'elle ait une autonomie qui satisfasse ses aspirations. En bref : qu'elle n'ait pas de raisons de désirer la séparation.
Cela s'applique aux Français du Canada, aux Ecossais de Grande Bretagne, aux Kurdes de Turquie et d'ailleurs, aux différents groupes ethniques d'Afrique, aux peuples indigènes d'Amérique Latine, aux Tamouls du Sri Lanka et à beaucoup d'autres. Chacun a le droit de choisir entre la pleine égalité, l'autonomie et l'indépendance.
CELA NOUS CONDUIT, bien sûr, à la question palestinienne.
Dans la compétition pour obtenir la sympathie du monde médiatique, les Palestiniens n'ont pas de chance. Selon les critères objectifs, ils ont le droit de demander une pleine indépendance, exactement comme les Tibétains. Ils habitent un territoire défini, ils sont une nation spécifique, une frontière claire existe entre eux et Israël. Il faut vraiment avoir un esprit tordu pour nier ces faits.
Mais les Palestiniens souffrent de plusieurs coups du sort cruels : le peuple qui les opprime revendique lui-même la couronne de victime suprême. Le monde entier a de la sympathie pour les Israéliens parce que les Juifs furent les victimes du plus horrible crime du monde occidental. Cela crée une situation étrange : l'oppresseur est plus populaire que la victime. Celui qui soutient les Palestiniens est automatiquement suspecté d'antisémitisme et de négationnisme.
De plus, la grande majorité des Palestiniens sont musulmans (personne ne prête attention aux Palestiniens chrétiens). Comme l'Islam suscite la crainte et l'aversion en Occident, la lutte palestinienne est automatiquement devenue une partie de cette menace sinistre et diffuse, le "terrorisme international". Et depuis les assassinats de Yasser Arafat et du Cheikh Ahmed Yacine, les Palestiniens n'ont aucune dirigeant particulièrement marquant – ni au Fatah, ni au Hamas.
Les médias du monde versent des larmes pour le peuple tibétain, dont le pays est volé par des colons chinois. Qui se préoccupe des Palestiniens, dont la terre est confisquée par nos colons ?
Dans le tumulte mondial sur le Tibet, les porte-parole israéliens se comparent – si étrange que cela paraisse – aux pauvres Tibétains, et non aux horribles Chinois. Beaucoup pensent que c'est tout à fait logique.
Si Kant revenait demain et était interrogé sur les Palestiniens, il répondrait probablement : "Donnez leur ce que vous pensez devoir être donné à tout le monde, et cessez de me réveiller pour me poser des questions stupides".
Article publié, en hébreu et en anglais, le 4 avril 2007, sur le site de Gush Shalom. Traduit de l'anglais "Not You ! You !!!" pour l'AFPS : SW/PHL
http://www.france-palestine.org/article8639.html
Uri Avnery, dirigeant du mouvement anti-colonialiste Gush Shalom, s'énerve — et on le comprend — devant le deux poids, deux mesures, de l'indignation médiatique face à la question du Tibet.
Uri Avnery, 5 avril 2008
"Pas vous ! Vous !!!"" He ! Bas les pattes ! Pas vous ! Vous !!! – la voix d'une jeune femme dans l'obscurité du cinéma, une vieille blague.
" He ! Hors du Tibet !" s'exclame le chœur international, "Mais pas de Tchétchénie ! Pas du Pays basque ! Et certainement pas de Palestine !" Et ça, ce n'est pas une blague.
COMME TOUT UN CHACUN, je soutiens le droit du peuple tibétain à l'indépendance, ou au moins à l'autonomie. Comme tout le monde, je condamne les exactions que le gouvernement chinois y commet. Mais contrairement aux autres, je ne suis pas prêt à me joindre aux manifestations
Pourquoi ? Parce que j'ai le sentiment désagréable qu'on me soumet à un lavage de cerveau, que tout cela est de l'hypocrisie.
Un peu de manipulation ne me dérange pas. Après tout, ce n'est pas par hasard que les révoltes ont commencé au Tibet la veille des Jeux olympiques à Pékin. C'est très bien. Un peuple qui se bat pour sa liberté a le droit d'utiliser chaque occasion qui se présente et qui peut servir son combat.
Je soutiens les Tibétains bien qu'il soit évident que les Américains utilisent cette lutte à leurs propres fins. Il est clair que la CIA a planifié et organisé les révoltes, et que les médias américains mènent une campagne à l'échelle mondiale. Celle-ci fait partie de la guerre souterraine entre les Etats-Unis, la superpuissance actuelle, et la Chine, la superpuissance montante – une nouvelle version du "Grand Jeu" qui fut joué en Asie centrale au XIXe siècle par l'empire britannique et la Russie. Le Tibet est un jeton dans ce jeu.
Je suis même prêt à ne pas tenir compte du fait que les gentils Tibétains ont perpétré un pogrom meurtrier contre d'innocents Chinois, tuant femmes et hommes et brûlant maisons et boutiques. Il arrive que d'atroces débordements se produisent au cours des luttes de libération.
Non, ce qui me gêne vraiment est l'hypocrisie des médias du monde. Ils font un raffut du diable sur le Tibet. A longueur de milliers d'éditoriaux et de débats, ils maudissent l'affreuse Chine et la couvrent d'injures. C'est comme si les Tibétains étaient le seul peuple du monde privé, par la force brutale, de son droit à l'indépendance, comme s'il suffisait que Pékin ôte ses sales pattes des moines vêtus de safran pour que tout aille pour le mieux dans ce meilleur des mondes possibles.
IL N'Y A PAS DE DOUTE que les Tibétains ont le droit de gouverner leur propre pays, de défendre leur exceptionnelle culture, de promouvoir leurs institutions religieuses et d'empêcher des colons étrangers de les submerger.
Mais les Kurdes de Turquie, d'Irak, d'Iran et de Syrie n'ont-ils pas les mêmes droits ? Et les habitants du Sahara occidental, dont le territoire est occupé par le Maroc ? Et les Basques en Espagne ? Et les Corses au large des côtes de France ? La liste est longue.
Pourquoi les médias du monde adoptent-ils telle lutte d'indépendance, mais ignorent souvent cyniquement telle autre ? Qu'est-ce qui rend le sang d'un Tibétain plus rouge que le sang de mille Africains de l'est du Congo ? (…)
Dans la compétition pour obtenir la sympathie du monde médiatique, les Palestiniens n'ont pas de chance. Selon les critères objectifs, ils ont le droit de demander une pleine indépendance, exactement comme les Tibétains. Ils habitent un territoire défini, ils sont une nation spécifique, une frontière claire existe entre eux et Israël. Il faut vraiment avoir un esprit tordu pour nier ces faits.
Mais les Palestiniens souffrent de plusieurs coups du sort cruels : le peuple qui les opprime revendique lui-même la couronne de victime suprême. Le monde entier a de la sympathie pour les Israéliens parce que les Juifs furent les victimes du plus horrible crime du monde occidental. Cela crée une situation étrange : l'oppresseur est plus populaire que la victime. Celui qui soutient les Palestiniens est automatiquement suspecté d'antisémitisme et de négationnisme.
De plus, la grande majorité des Palestiniens sont musulmans (personne ne prête attention aux Palestiniens chrétiens). Comme l'Islam suscite la crainte et l'aversion en Occident, la lutte palestinienne est automatiquement devenue une partie de cette menace sinistre et diffuse, le "terrorisme international". Et depuis les assassinats de Yasser Arafat et du Cheikh Ahmed Yacine, les Palestiniens n'ont aucune dirigeant particulièrement marquant – ni au Fatah, ni au Hamas.
Les médias du monde versent des larmes pour le peuple tibétain, dont le pays est volé par des colons chinois. Qui se préoccupe des Palestiniens, dont la terre est confisquée par nos colons ?
[Traduit de l'anglais "Not You ! You !!!" pour l'AFPS : SWPHL]
http://europalestine.com/spip.php ?article3117
D'après les mystiques hindous, le mont Kailash et le lac Manasovar, dans lequel se reflète la montagne Sacrée, à l'Ouest du Tibet, sont les centres de l'Univers autour desquels gravite le destin de l'Humanité.
Depuis le 10 mars 2008, les médias occidentaux essayent de rendre vraie cette image ; et présentent la révolte tibétaine comme « la conscience du Monde libre, cherchant à se défaire des forces du Mal ».
Peu de journalistes dénoncent la métaphysique du point de vue et montrent les coulisses de « l'insurrection »...
UNE OPÉRATION DE DÉSTABILISATION SUR LE TOIT DU MONDE
Le boycott des jeux olympiques de Moscou, en 1980, et la défaite des troupes soviétiques, en Afghanistan, ont préludé l'implosion de l'Union soviétique.
Les stratèges du Pentagone dont le mode de pensée n'a guère évolué, depuis la guerre froide, aimerait reproduire le même schéma déstabilisateur, dans les larges étendues du Xinjiang, Mongolie et Tibet, contrôlé par Pékin.
Le boycott des JO de 2008, au nom des droits de l'homme, bafoués au Tibet, est à placer dans cette perspective : l'endiguement et l'isolation d'un régime.
Mais la Chine n'est pas l'Iran ni la Yougoslavie.
La république populaire de Chine est devenue, depuis 1989, « la manufacture du Monde » et le banquier des États-Unis en crise.
Néanmoins, la présence de 47 348 soldats de l'OTAN, dans le massif de l'Hindou Kusch, et les bases militaires US en Kirghizie, Tadjikistan, Mongolie confirment l'ambition d'une telle entreprise. Selon un observateur pakistanais, qui préfère rester anonyme : « Les Américains ont comme allumé une bombe atomique dans la région. »
En finançant des mouvements séparatistes, au Turkestan chinois et au Tibet - grâce, en partie, à l'énorme trafic d'opium (1), organisé par l'US Air Force, en Afghanistan - , la CIA espère réduire d'un quart la superficie d'un empire, dont la puissance économique, à terme, pourrait changer « le sens de gravité du Monde ».
Cette opération débutée, dès la fin 2001, avec l'invasion de l'Afghanistan, sert à contrecarrer l'installation d'une arche sécuritaire, abritant la Chine, la Russie, les ex-républiques soviétiques d'Asie centrale, le Pakistan, l'Inde et l'Iran.
Ces trois derniers pays ayant, pour l'heure, un statut d'observateur, au sein de la « Shanghai Cooperation Organisation », il importe, aux forces atlantistes, d'empêcher la constitution « d'un nouveau pacte de Varsovie » où la Chine pèserait de tout son poids.
Les manœuvres militaires entre les armées chinoises et indiennes, dans le Yunnan, en 2007, baptisées « Hand in Hand », ont considérablement inquiété le Pentagone.
Les Himalayas, qui non seulement sont le château d'eau de l'Asie et recèlent de nombreux métaux précieux comme le thorium, sont les ultimes créneaux où se battent les derniers guerriers de la guerre froide.
AUTOPSIE D'UNE INSURRECTION CÉLESTE
Les groupes tibétains en exil, basés en Inde et dans les capitales occidentales, travaillent, depuis deux ans, pour faire coïncider un soulèvement populaire, à Lhassa, et un mouvement international de boycott des jeux olympiques, à Pékin.
Ces organisations non gouvernementales, ouvertement financées par le Congrès américain, sont associées à l'organisation « Reporters sans frontières » dont le président français, Robert MÉNARD, est bien connu…
Selon le porte-parole de la communauté tibétaine, à Paris, Wangpo BASHI, « La France, en Europe, est en tête de ce mouvement. »
Le vestibule pro tibétain, à l'Assemblée, a même réussi à faire de 2007, l'année du Tibet.
Les intellectuels, les artistes sont invités à signer des dazibaos, publiés dans les journaux, dénonçant l'oppression sur le Toit du monde.
De nombreux drapeaux tibétains flottent, aux côtés de l'emblème européen, au-dessus des hôtels de ville, de petites bourgades de province comme Crest, dans la Drôme.
Le modèle d'agitation propagande des militants « Free Tibet » est un peu celui des sionistes : envahissant.
L'engouement autour de la cause tibétaine accompagne le retour discret de la France dans le commandement intégré de l'OTAN.
Sans en discuter avec le Parlement et l'Assemblée, le plus américain de nos présidents a décidé d'envoyer 1 000 soldats supplémentaires en Afghanistan ; puis armé de ses nouveaux missiles M51, d'une portée de 10 000 Km, de menacer la Chine d'un boycott de l'ouverture des Jeux.
On est loin du concept éclairé d'un « monde multipolaire », rêvé à voix haute par Jacques CHIRAC…
Jamais depuis la guerre d'Indochine, un corps expéditionnaire français n'a été aussi proche du Pentagone et de la frontière chinoise.
L'ambassade de France, à Pékin, délivrerait même, aujourd'hui, des visas à d'obscurs nomades, du plateau tibétain, afin de nourrir le renseignement militaire (2)…
UN FORMIDABLE BOND EN ARRIÈRE
Les violences à Lhassa ont débuté le jour anniversaire de l'insurrection de 1959, le 10 mars, dont on sait qu'elle fut orchestrée par la CIA (3).
300 moines du monastère de Zhaibung déferlent sur le centre-ville.
Loin de l'image du bonze tranquille, défiant l'armée américaine, au Vietnam, les prélats enragés se conduisent comme les émeutiers du Gujarat, et s'en prennent, en premier lieu, aux citoyens chinois.
Les femmes brûlées vives dont certaines étaient d'origine tibétaine, dans un supermarché de Lhassa, resteront le symbole honteux de cette violence réactionnaire.
Le glissement idéologique de l'anticommunisme des années REAGAN vers un nationalisme étroit, chauvin, religieux et raciste est ici évident.
Il suffit de comparer le modus vivendi du mouvement tibétain de 1988-1989 et celui d'aujourd'hui pour s'en convaincre.
L'ennemi n'est plus un soi-disant régime communiste mais la présence physique du chinois et des tibétains au sang-mêlé.
En 1997, un rempoché du Norbulingka, à Lhassa, me confiait : « l'aspect le plus dangereux, pour nous, du génocide culturel, pratiqué par l'administration chinoise, ce sont les mariages mixtes… ».
En Inde, le modèle de comportement du Youth Tibetan Congres est très similaire à celui du « Sangh Parivar »…
Il est curieux de voir les représentants du modèle républicain d'intégration française soutenir le violent repli identitaire des « moines » tibétains.
Surtout lorsqu'on sait qu'il y a quelques années, ce sont ces mêmes députés, venus à Pékin, qui ont inspiré les chinois pour leur législation antisecte.
« UN PAPE QUI DEVIENT PRÉSIDENT : C'EST LA SAINT-BARTHÉLÉMY ASSURÉE ! »
Le 12 mars, le jour où douze moines sont arrêtés, par la police chinoise pour vandalisme, le dalaï-lama déclare au monde entier :
(Je laisse son propos en anglais pour ne pas trahir sa pensée.)
« For nearly six decades, Tibetan had to live in a state of constant fear under chinese occupation. »
La violence urbaine des tibétains est présentée, tout le long du discours, par le pape de la non-violence, comme une catharsis voire une libération d'une oppression vieille de soixante ans.
Le chief minister du Gujarat, en Inde, Narendra MODI, a tenu les mêmes propos juste après les pogroms antimusulmans de février mars 2002.
La déclaration largement diffusée du DL par S-M-S jette de l'huile sur le feu.
Dans les heures qui suivent, une frénésie de vols et de destructions de magasins, appartenant aux chinois, s'en suivent.
Les biens des personnes « chinoises » – et la personne elle-même – sont plus touchés que les symboles de l'autorité.
Les hans et les ouïgours sont les premières victimes de l'émeute communautaire.
Au sommet de leur délire, les émeutiers rêvent d'effacer les chinois.
Leur inspiration « bouddhiste » vient du Bhoutan, le pays du Dragon, où le roi Jigmé WANGCHUK a procédé, dans les années 80, à une énorme épuration ethnique : des centaines de milliers de Lhotsampas, des bhoutanais d'origine népalaise, ont été expulsés du pays…
Mais la police chinoise n'est pas l'armée indienne, qui laissa déporter un sixième de la population au Bhoutan, puis exterminer, en février et mars 2002, pendant des semaines, 3 000 musulmans, au Gujarat.
La répression en Chine est sévère.
Plus de 100 morts parmi « les insurgés », selon les militants « Free Tibet » ; Mathieu RICARD, le secrétaire du dalaï-lama, à Katmandou, parle de 160 morts.
La plupart des émeutiers laïcs, à Lhassa, sont des tibétains pauvres, lâchés par la croissance économique rapide d'une région, qui rêvent, frustrés, devant des vitrines, regorgeant de marchandises.
(À noter que dans le monde des tibétains en exil, ces gueux n'ont aucun représentant politique.)
Certains d'entre eux sont des mendiants qui, chaque jour, supplient les restaurateurs « chinois », de remplir leur sac plastique de déchets pour manger.
La révolte gronde sous les haillons et la vermine.
Leur sentiment d'être étranger et humilié, dans leur propre pays, est très réel et très profond.
Le gouvernement chinois comme son homologue indien, au Sikkim, dans les années soixante-dix, a encouragé « une révolution démographique » (5) : il y aura bientôt plus de travailleurs chinois de l'Est et du Nord que de tibétains et d'ouïgours sur les chantiers himalayens.
De l'autre côté, en Inde, les déplacements de population, les expropriations et les nouvelles partitions du territoire, entraînant des « génocides culturels », sont également légion.
Mais là « ces holocaustes sans importance » n'entraînent pas une mobilisation mondiale des médias.
Sans doute, parce que ces crimes sont perpétrés par des multinationales et par un potentiel partenaire stratégique de l'Amérique, l'Inde.
LE BOUDDHA VIVANT A PERDU LA FACE
À MacLeod, peintures et tambours de guerre ont remplacé les messages de paix.
Le royaume imaginaire d'un dalaï-lama, paisible et sûr de lui, fond à vue d'œil.
En dépit du prix de la communication téléphonique vers la Chine – 3 roupies, la minute – la révolte télécommandée au Tibet s'épuise.
Et sur les 100 000 tibétains réfugiés, vivant en Inde, seuls quelques dizaines de militants continuent à hurler « Free Tibet » sur le Mall de MacLeod.
Avec l'échec de l'insurrection à Lhassa, on assiste à la fin pitoyable d'une secte.
Le Tibet du dieu vivant est entrain de disparaître, nivelé parmi les 56 ethnies qui constituent la république populaire de Chine et miné par ses propres contradictions.
Le royaume du dalaï-lama ne peut survivre à cette égalité des personnes et des « races ».
Ce constat rend amers les « gardes rouges » des monastères et peut les conduire à n'importe quel moment aux massacres communautaires.
Plus la crainte de disparaître devient forte chez les sectaires, plus le monde extérieur est perçu comme hostile ; et la violence, pour protéger le royaume, naturelle.
Le dalaï-lama le sait. C'est pourquoi il menace l'ensemble des dévots, de part et d'autre des frontières, de sa démission, si les pogroms antichinois continuaient…
« Le vieux singe », sur un plan politique, est toujours fidèle à l'accord en 17 points, signé le 23 septembre 1951, par Lui et le panchen-lama, avec Mao tsé toung et Chou en-lai.
Ce qui enrage le Youth Tibetan Congres.
Au grand dam du DL, les ultras demandent à chacun et chacune de hisser haut le drapeau nationaliste, attisant la haine.
Le discours des militants du YTC, en Inde, a subi l'influence des fondamentalistes hindous pour lesquelles les fractures communautaires doivent dessiner les frontières.
Si elles n'existent pas, il faut les créer…
On ne parle plus de « non-violence » mais « d'identité à préserver » ou « de liberté religieuse ».
Le seul territoire sur lequel le fief du dalaï-lama a encore prise : ce sont les images qu'on essaye avec la complicité des médias de retoucher.
Les journalistes présents sont guidés, orientés, voire censurés quand ils demandent s'il est vrai que des Khampas, conseillés par la CIA, se préparent à l'action directe.
LES INQUIÉTANTS AMIS DU « ROYAUME »
Personne n'écrit, en France, que les plus grands supporters de l'insurrection tibétaine, en Inde, sont Narendra MODI, le boucher du Gujarat, et L.K. ADVANI, un des chefs des Rashtrya Swayamsevak Sangh.
La convergence idéologique entre les fascistes hindous et les supporters d'une théocratie bouddhiste, au Tibet, est certaine.
Sans le soutien du chief minister de l'Himachal Pradesh, appartenant au Bharatiya Janata Party, récemment élu, l'agitation politique des tibétains en exil, sur le sol indien, n'eut été possible.
Les tibétains ici ne sont pas des « réfugiés » mais des « invités » ; il leur est interdit de mener des activités antichinoises.
Même la venue de Nancy PELOSY et de neuf sénateurs américains, le 21 mars 2008, à Dharamsala, a nécessité l'accord du gouvernement.
Au moment où la troisième personne, la plus importante, du gouvernement US, déclare :
« It's our Karma to help Tibet. »
Des militants de « Free Tibet » envahissent les prémisses de l'ambassade chinoise à New Delhi.
C'est dire la complicité d'une partie de l'appareil d'état indien…
La cause tibétaine permet aux ennemis de l'United Progressive Alliance, de perturber la politique étrangère du docteur Manmohan SINGH qui souhaiterait rester en dehors du problème, et respecter les accords de non-ingérence passée avec la Chine.
Les cinq principes bouddhistes du traité du Pansheel marquent, en principe, toutes les relations sino-indiennes.
La diplomatie chinoise s'interdit de faire la moindre remarque à propos de la loi martiale, en vigueur au Jammu et Cachemire et au Manipur ; et en contrepartie, South Block, le ministère des affaires étrangères indien, évite de parler du Tibet.
Or les supporters indiens du mouvement tibétain dont beaucoup de militaires (6), au sein de l'Union indienne, essayent sensiblement de modifier la ligne de conduite du gouvernement.
Leur argumentaire est le suivant :
« Les communistes, qui font partie de l'United Progressive Alliance, sont intervenus directement au Népal afin de déposer le roi hindou GYANENDRA et sont responsables de l'arrivée au pouvoir des maoïstes. Pourquoi le gouvernement du docteur SINGH n'aiderait-il pas le mouvement tibétain ? Alors qu'il est de notre intérêt national de repousser les Chinois loin de la ligne MacMahon… »
En effet, le gouvernement chinois ne reconnaît pas le traçage des frontières des Britanniques, dans la région tibétaine de Tawang, en Arunachal Pradesh (3).
La création d'un Tibet indépendant satisferait le désir des généraux indiens qui souhaitent « une profondeur stratégique », dans le cas d'un éventuel conflit avec la Chine.
Cette volonté affichée de l'État-major indien est en phase avec la politique américaine, dans la région.
LE RÔLE HISTORIQUE DE LA CIA
La documentation sur les activités de l'agence de Langley, pendant la guerre froide, au Tibet est passionnante.
En 2002, le livre « The CIA's Secret War in Tibet », de Kenneth CONBOY et de Jim MORRISON, un ancien espion de la CIA, lève les derniers mystères de l'insurrection de 1959.
Ce sont les accords de Nixon et de Mao tsé toung, en 1972, qui arrêtèrent, provisoirement, les activités de la Résistance tibétaine.
À propos de ces accords, Henry KISSINGER, qui était en visite, à Pékin, très récemment, déclare, le 24 février 2008, au « China Daily » :
« I consider that (his 1972 visit to China) the single-most important thing I did in gouvernment and the one that had the best permanent effect. »
C'est, peut-être, la permanence de ces accords et leurs respects qui conduisent les chinois à ne pas accuser ouvertement le département d'état américain, dans les événements au Tibet.
Or selon Gary WILSON, un journaliste d'investigation américain, l'étroite coordination entre les services secrets US et les récents événements « au pays du dalaï-lama » est flagrante.
La plupart des informations, relatives à l'insurrection du 10 mars, diffusées par la presse mondiale, s'appellent John ACKERLY.
ACKERLY est le président de International Campaign of Tibet.
Son groupe travaille avec le gouvernement américain, le département d'état et le Congrès.
Pendant la guerre froide, ACKERLY s'occupait des dissidents des pays de l'Est.
Au mois de juin 2007, à New Delhi, un groupe intitulé « Friends of Tibet » tient une conférence pour discuter des modalités d'une intervention globale, à l'occasion des jeux olympiques.
Les parrains américains sont présents.
Une marche des réfugiés tibétains, résidant en Inde et au Népal, vers Lhassa, est décidée.
Un peu sur le modèle de la marche des réfugiés Lhotsampas vers le Bhoutan, sévèrement réprimée, par les Border Security Forces indiennes.
Cette marche doit coïncider avec l'ouverture des Jeux, le 8 août 2008.
Au mois de novembre 2007, la sous-secrétaire d'état yankee, Paula DOBRIANSKY, rencontre le dalaï-lama.
DOBRIANSKY fait partie du cercle des néo-conservateurs, impliqué dans l'organisation des révolutions « orange » qui ont changé les régimes politiques en Ukraine et en Géorgie.
Au mois de janvier 2008, les groupes proches du DL lancent un mot d'ordre d'insurrection générale, à l'intérieur du Tibet.
Les exilés annoncent publiquement, le 25 janvier 2008, la création du « Tibetan People's Uprising Movement ».
Le jour choisi pour déclencher l'insurrection est le 10 mars 2008.
L'ambassadeur US, en Inde, David MULFORD, est en conversation avec le dalaï-lama lorsque les bans de l'insurrection sont publiés.
Aveuglement ou naïveté, les Américains semblent certains que l'insurrection peut marcher…
Depuis vingt ans, le gouvernement fantoche de Dharamsala accueille, nourrit, éduque et renvoie, avec l'argent du Congrès US, au Tibet, des milliers d'agents du dalaï-lama.
Ces derniers ont fini par former, sur le papier, un énorme réseau de renseignement et d'action.
Pourtant, malgré le formidable effort de soutien international à leur cause, l'insurrection est un échec.
L'histoire de ce fiasco reste à écrire.
En pleine tempête au Tibet, le passage du flambeau olympique sera la preuve vivante de la sérénité de l'empire du milieu.
HIMALOVE
1.La production d'opium, en Afghanistan, de l'année 2007 a été de 82 000 tonnes – un record ! Selon la presse russe, la marchandise est transportée par des avions gros-porteurs US, Hercule C-130, vers la base aérienne de Bichek, en Kirghizie, puis distribuée, dans toutes les régions de l'ex-Union soviétique… Si un éditeur souhaite un reportage sur la question, je suis prêt à le réaliser. Contacter : himalove xaG yahoo.com 2.Cette information m'a été donnée par une dame, à Katmandou, mariée à un militaire français, entichée de la culture tibétaine, qui a aidé à exfiltrer, de manière très légale, de pauvres tibétains. 3.Lire « Budha's Warriors » de Michael DUNKAN, édition Penguin, 2002 ; préface du dalaï-lama. 4.Les frontières entre le Tibet et l'Inde ont été tracées en 1911 par les représentants du Raj britannique et ceux du XIIIe dalaï-lama ; le gouvernement chinois du Kuomintang a refusé, en position de faiblesse, d'entériner les frontières imposées par l'impérialisme. Les gouvernements indiens successifs après l'Indépendance ont toujours refusé de renégocier ces frontières avec la Chine… 5.Les Lepchas, les habitants originels du Sikkim, ont quasiment disparu. 6.Un des frères du dalaï-lama a rang de colonel dans l'armée indienne.
Uri Avnery, dirigeant du mouvement anti-colonialiste Gush Shalom, s'énerve — et on le comprend — devant le deux poids, deux mesures, de l'indignation médiatique face à la question du Tibet.
Uri Avnery, 5 avril 2008
"Pas vous ! Vous !!!"" He ! Bas les pattes ! Pas vous ! Vous !!! – la voix d'une jeune femme dans l'obscurité du cinéma, une vieille blague.
" He ! Hors du Tibet !" s'exclame le chœur international, "Mais pas de Tchétchénie ! Pas du Pays basque ! Et certainement pas de Palestine !" Et ça, ce n'est pas une blague.
COMME TOUT UN CHACUN, je soutiens le droit du peuple tibétain à l'indépendance, ou au moins à l'autonomie. Comme tout le monde, je condamne les exactions que le gouvernement chinois y commet. Mais contrairement aux autres, je ne suis pas prêt à me joindre aux manifestations
Pourquoi ? Parce que j'ai le sentiment désagréable qu'on me soumet à un lavage de cerveau, que tout cela est de l'hypocrisie.
Un peu de manipulation ne me dérange pas. Après tout, ce n'est pas par hasard que les révoltes ont commencé au Tibet la veille des Jeux olympiques à Pékin. C'est très bien. Un peuple qui se bat pour sa liberté a le droit d'utiliser chaque occasion qui se présente et qui peut servir son combat.
Je soutiens les Tibétains bien qu'il soit évident que les Américains utilisent cette lutte à leurs propres fins. Il est clair que la CIA a planifié et organisé les révoltes, et que les médias américains mènent une campagne à l'échelle mondiale. Celle-ci fait partie de la guerre souterraine entre les Etats-Unis, la superpuissance actuelle, et la Chine, la superpuissance montante – une nouvelle version du "Grand Jeu" qui fut joué en Asie centrale au XIXe siècle par l'empire britannique et la Russie. Le Tibet est un jeton dans ce jeu.
Je suis même prêt à ne pas tenir compte du fait que les gentils Tibétains ont perpétré un pogrom meurtrier contre d'innocents Chinois, tuant femmes et hommes et brûlant maisons et boutiques. Il arrive que d'atroces débordements se produisent au cours des luttes de libération.
Non, ce qui me gêne vraiment est l'hypocrisie des médias du monde. Ils font un raffut du diable sur le Tibet. A longueur de milliers d'éditoriaux et de débats, ils maudissent l'affreuse Chine et la couvrent d'injures. C'est comme si les Tibétains étaient le seul peuple du monde privé, par la force brutale, de son droit à l'indépendance, comme s'il suffisait que Pékin ôte ses sales pattes des moines vêtus de safran pour que tout aille pour le mieux dans ce meilleur des mondes possibles.
IL N'Y A PAS DE DOUTE que les Tibétains ont le droit de gouverner leur propre pays, de défendre leur exceptionnelle culture, de promouvoir leurs institutions religieuses et d'empêcher des colons étrangers de les submerger.
Mais les Kurdes de Turquie, d'Irak, d'Iran et de Syrie n'ont-ils pas les mêmes droits ? Et les habitants du Sahara occidental, dont le territoire est occupé par le Maroc ? Et les Basques en Espagne ? Et les Corses au large des côtes de France ? La liste est longue.
Pourquoi les médias du monde adoptent-ils telle lutte d'indépendance, mais ignorent souvent cyniquement telle autre ? Qu'est-ce qui rend le sang d'un Tibétain plus rouge que le sang de mille Africains de l'est du Congo ? (…)
Dans la compétition pour obtenir la sympathie du monde médiatique, les Palestiniens n'ont pas de chance. Selon les critères objectifs, ils ont le droit de demander une pleine indépendance, exactement comme les Tibétains. Ils habitent un territoire défini, ils sont une nation spécifique, une frontière claire existe entre eux et Israël. Il faut vraiment avoir un esprit tordu pour nier ces faits.
Mais les Palestiniens souffrent de plusieurs coups du sort cruels : le peuple qui les opprime revendique lui-même la couronne de victime suprême. Le monde entier a de la sympathie pour les Israéliens parce que les Juifs furent les victimes du plus horrible crime du monde occidental. Cela crée une situation étrange : l'oppresseur est plus populaire que la victime. Celui qui soutient les Palestiniens est automatiquement suspecté d'antisémitisme et de négationnisme.
De plus, la grande majorité des Palestiniens sont musulmans (personne ne prête attention aux Palestiniens chrétiens). Comme l'Islam suscite la crainte et l'aversion en Occident, la lutte palestinienne est automatiquement devenue une partie de cette menace sinistre et diffuse, le "terrorisme international". Et depuis les assassinats de Yasser Arafat et du Cheikh Ahmed Yacine, les Palestiniens n'ont aucune dirigeant particulièrement marquant – ni au Fatah, ni au Hamas.
Les médias du monde versent des larmes pour le peuple tibétain, dont le pays est volé par des colons chinois. Qui se préoccupe des Palestiniens, dont la terre est confisquée par nos colons ?
[Traduit de l'anglais "Not You ! You !!!" pour l'AFPS : SWPHL]
http://europalestine.com/spip.php ?article3117
D'après les mystiques hindous, le mont Kailash et le lac Manasovar, dans lequel se reflète la montagne Sacrée, à l'Ouest du Tibet, sont les centres de l'Univers autour desquels gravite le destin de l'Humanité.
Depuis le 10 mars 2008, les médias occidentaux essayent de rendre vraie cette image ; et présentent la révolte tibétaine comme « la conscience du Monde libre, cherchant à se défaire des forces du Mal ».
Peu de journalistes dénoncent la métaphysique du point de vue et montrent les coulisses de « l'insurrection »...
UNE OPÉRATION DE DÉSTABILISATION SUR LE TOIT DU MONDE
Le boycott des jeux olympiques de Moscou, en 1980, et la défaite des troupes soviétiques, en Afghanistan, ont préludé l'implosion de l'Union soviétique.
Les stratèges du Pentagone dont le mode de pensée n'a guère évolué, depuis la guerre froide, aimerait reproduire le même schéma déstabilisateur, dans les larges étendues du Xinjiang, Mongolie et Tibet, contrôlé par Pékin.
Le boycott des JO de 2008, au nom des droits de l'homme, bafoués au Tibet, est à placer dans cette perspective : l'endiguement et l'isolation d'un régime.
Mais la Chine n'est pas l'Iran ni la Yougoslavie.
La république populaire de Chine est devenue, depuis 1989, « la manufacture du Monde » et le banquier des États-Unis en crise.
Néanmoins, la présence de 47 348 soldats de l'OTAN, dans le massif de l'Hindou Kusch, et les bases militaires US en Kirghizie, Tadjikistan, Mongolie confirment l'ambition d'une telle entreprise. Selon un observateur pakistanais, qui préfère rester anonyme : « Les Américains ont comme allumé une bombe atomique dans la région. »
En finançant des mouvements séparatistes, au Turkestan chinois et au Tibet - grâce, en partie, à l'énorme trafic d'opium (1), organisé par l'US Air Force, en Afghanistan - , la CIA espère réduire d'un quart la superficie d'un empire, dont la puissance économique, à terme, pourrait changer « le sens de gravité du Monde ».
Cette opération débutée, dès la fin 2001, avec l'invasion de l'Afghanistan, sert à contrecarrer l'installation d'une arche sécuritaire, abritant la Chine, la Russie, les ex-républiques soviétiques d'Asie centrale, le Pakistan, l'Inde et l'Iran.
Ces trois derniers pays ayant, pour l'heure, un statut d'observateur, au sein de la « Shanghai Cooperation Organisation », il importe, aux forces atlantistes, d'empêcher la constitution « d'un nouveau pacte de Varsovie » où la Chine pèserait de tout son poids.
Les manœuvres militaires entre les armées chinoises et indiennes, dans le Yunnan, en 2007, baptisées « Hand in Hand », ont considérablement inquiété le Pentagone.
Les Himalayas, qui non seulement sont le château d'eau de l'Asie et recèlent de nombreux métaux précieux comme le thorium, sont les ultimes créneaux où se battent les derniers guerriers de la guerre froide.
AUTOPSIE D'UNE INSURRECTION CÉLESTE
Les groupes tibétains en exil, basés en Inde et dans les capitales occidentales, travaillent, depuis deux ans, pour faire coïncider un soulèvement populaire, à Lhassa, et un mouvement international de boycott des jeux olympiques, à Pékin.
Ces organisations non gouvernementales, ouvertement financées par le Congrès américain, sont associées à l'organisation « Reporters sans frontières » dont le président français, Robert MÉNARD, est bien connu…
Selon le porte-parole de la communauté tibétaine, à Paris, Wangpo BASHI, « La France, en Europe, est en tête de ce mouvement. »
Le vestibule pro tibétain, à l'Assemblée, a même réussi à faire de 2007, l'année du Tibet.
Les intellectuels, les artistes sont invités à signer des dazibaos, publiés dans les journaux, dénonçant l'oppression sur le Toit du monde.
De nombreux drapeaux tibétains flottent, aux côtés de l'emblème européen, au-dessus des hôtels de ville, de petites bourgades de province comme Crest, dans la Drôme.
Le modèle d'agitation propagande des militants « Free Tibet » est un peu celui des sionistes : envahissant.
L'engouement autour de la cause tibétaine accompagne le retour discret de la France dans le commandement intégré de l'OTAN.
Sans en discuter avec le Parlement et l'Assemblée, le plus américain de nos présidents a décidé d'envoyer 1 000 soldats supplémentaires en Afghanistan ; puis armé de ses nouveaux missiles M51, d'une portée de 10 000 Km, de menacer la Chine d'un boycott de l'ouverture des Jeux.
On est loin du concept éclairé d'un « monde multipolaire », rêvé à voix haute par Jacques CHIRAC…
Jamais depuis la guerre d'Indochine, un corps expéditionnaire français n'a été aussi proche du Pentagone et de la frontière chinoise.
L'ambassade de France, à Pékin, délivrerait même, aujourd'hui, des visas à d'obscurs nomades, du plateau tibétain, afin de nourrir le renseignement militaire (2)…
UN FORMIDABLE BOND EN ARRIÈRE
Les violences à Lhassa ont débuté le jour anniversaire de l'insurrection de 1959, le 10 mars, dont on sait qu'elle fut orchestrée par la CIA (3).
300 moines du monastère de Zhaibung déferlent sur le centre-ville.
Loin de l'image du bonze tranquille, défiant l'armée américaine, au Vietnam, les prélats enragés se conduisent comme les émeutiers du Gujarat, et s'en prennent, en premier lieu, aux citoyens chinois.
Les femmes brûlées vives dont certaines étaient d'origine tibétaine, dans un supermarché de Lhassa, resteront le symbole honteux de cette violence réactionnaire.
Le glissement idéologique de l'anticommunisme des années REAGAN vers un nationalisme étroit, chauvin, religieux et raciste est ici évident.
Il suffit de comparer le modus vivendi du mouvement tibétain de 1988-1989 et celui d'aujourd'hui pour s'en convaincre.
L'ennemi n'est plus un soi-disant régime communiste mais la présence physique du chinois et des tibétains au sang-mêlé.
En 1997, un rempoché du Norbulingka, à Lhassa, me confiait : « l'aspect le plus dangereux, pour nous, du génocide culturel, pratiqué par l'administration chinoise, ce sont les mariages mixtes… ».
En Inde, le modèle de comportement du Youth Tibetan Congres est très similaire à celui du « Sangh Parivar »…
Il est curieux de voir les représentants du modèle républicain d'intégration française soutenir le violent repli identitaire des « moines » tibétains.
Surtout lorsqu'on sait qu'il y a quelques années, ce sont ces mêmes députés, venus à Pékin, qui ont inspiré les chinois pour leur législation antisecte.
« UN PAPE QUI DEVIENT PRÉSIDENT : C'EST LA SAINT-BARTHÉLÉMY ASSURÉE ! »
Le 12 mars, le jour où douze moines sont arrêtés, par la police chinoise pour vandalisme, le dalaï-lama déclare au monde entier :
(Je laisse son propos en anglais pour ne pas trahir sa pensée.)
« For nearly six decades, Tibetan had to live in a state of constant fear under chinese occupation. »
La violence urbaine des tibétains est présentée, tout le long du discours, par le pape de la non-violence, comme une catharsis voire une libération d'une oppression vieille de soixante ans.
Le chief minister du Gujarat, en Inde, Narendra MODI, a tenu les mêmes propos juste après les pogroms antimusulmans de février mars 2002.
La déclaration largement diffusée du DL par S-M-S jette de l'huile sur le feu.
Dans les heures qui suivent, une frénésie de vols et de destructions de magasins, appartenant aux chinois, s'en suivent.
Les biens des personnes « chinoises » – et la personne elle-même – sont plus touchés que les symboles de l'autorité.
Les hans et les ouïgours sont les premières victimes de l'émeute communautaire.
Au sommet de leur délire, les émeutiers rêvent d'effacer les chinois.
Leur inspiration « bouddhiste » vient du Bhoutan, le pays du Dragon, où le roi Jigmé WANGCHUK a procédé, dans les années 80, à une énorme épuration ethnique : des centaines de milliers de Lhotsampas, des bhoutanais d'origine népalaise, ont été expulsés du pays…
Mais la police chinoise n'est pas l'armée indienne, qui laissa déporter un sixième de la population au Bhoutan, puis exterminer, en février et mars 2002, pendant des semaines, 3 000 musulmans, au Gujarat.
La répression en Chine est sévère.
Plus de 100 morts parmi « les insurgés », selon les militants « Free Tibet » ; Mathieu RICARD, le secrétaire du dalaï-lama, à Katmandou, parle de 160 morts.
La plupart des émeutiers laïcs, à Lhassa, sont des tibétains pauvres, lâchés par la croissance économique rapide d'une région, qui rêvent, frustrés, devant des vitrines, regorgeant de marchandises.
(À noter que dans le monde des tibétains en exil, ces gueux n'ont aucun représentant politique.)
Certains d'entre eux sont des mendiants qui, chaque jour, supplient les restaurateurs « chinois », de remplir leur sac plastique de déchets pour manger.
La révolte gronde sous les haillons et la vermine.
Leur sentiment d'être étranger et humilié, dans leur propre pays, est très réel et très profond.
Le gouvernement chinois comme son homologue indien, au Sikkim, dans les années soixante-dix, a encouragé « une révolution démographique » (5) : il y aura bientôt plus de travailleurs chinois de l'Est et du Nord que de tibétains et d'ouïgours sur les chantiers himalayens.
De l'autre côté, en Inde, les déplacements de population, les expropriations et les nouvelles partitions du territoire, entraînant des « génocides culturels », sont également légion.
Mais là « ces holocaustes sans importance » n'entraînent pas une mobilisation mondiale des médias.
Sans doute, parce que ces crimes sont perpétrés par des multinationales et par un potentiel partenaire stratégique de l'Amérique, l'Inde.
LE BOUDDHA VIVANT A PERDU LA FACE
À MacLeod, peintures et tambours de guerre ont remplacé les messages de paix.
Le royaume imaginaire d'un dalaï-lama, paisible et sûr de lui, fond à vue d'œil.
En dépit du prix de la communication téléphonique vers la Chine – 3 roupies, la minute – la révolte télécommandée au Tibet s'épuise.
Et sur les 100 000 tibétains réfugiés, vivant en Inde, seuls quelques dizaines de militants continuent à hurler « Free Tibet » sur le Mall de MacLeod.
Avec l'échec de l'insurrection à Lhassa, on assiste à la fin pitoyable d'une secte.
Le Tibet du dieu vivant est entrain de disparaître, nivelé parmi les 56 ethnies qui constituent la république populaire de Chine et miné par ses propres contradictions.
Le royaume du dalaï-lama ne peut survivre à cette égalité des personnes et des « races ».
Ce constat rend amers les « gardes rouges » des monastères et peut les conduire à n'importe quel moment aux massacres communautaires.
Plus la crainte de disparaître devient forte chez les sectaires, plus le monde extérieur est perçu comme hostile ; et la violence, pour protéger le royaume, naturelle.
Le dalaï-lama le sait. C'est pourquoi il menace l'ensemble des dévots, de part et d'autre des frontières, de sa démission, si les pogroms antichinois continuaient…
« Le vieux singe », sur un plan politique, est toujours fidèle à l'accord en 17 points, signé le 23 septembre 1951, par Lui et le panchen-lama, avec Mao tsé toung et Chou en-lai.
Ce qui enrage le Youth Tibetan Congres.
Au grand dam du DL, les ultras demandent à chacun et chacune de hisser haut le drapeau nationaliste, attisant la haine.
Le discours des militants du YTC, en Inde, a subi l'influence des fondamentalistes hindous pour lesquelles les fractures communautaires doivent dessiner les frontières.
Si elles n'existent pas, il faut les créer…
On ne parle plus de « non-violence » mais « d'identité à préserver » ou « de liberté religieuse ».
Le seul territoire sur lequel le fief du dalaï-lama a encore prise : ce sont les images qu'on essaye avec la complicité des médias de retoucher.
Les journalistes présents sont guidés, orientés, voire censurés quand ils demandent s'il est vrai que des Khampas, conseillés par la CIA, se préparent à l'action directe.
LES INQUIÉTANTS AMIS DU « ROYAUME »
Personne n'écrit, en France, que les plus grands supporters de l'insurrection tibétaine, en Inde, sont Narendra MODI, le boucher du Gujarat, et L.K. ADVANI, un des chefs des Rashtrya Swayamsevak Sangh.
La convergence idéologique entre les fascistes hindous et les supporters d'une théocratie bouddhiste, au Tibet, est certaine.
Sans le soutien du chief minister de l'Himachal Pradesh, appartenant au Bharatiya Janata Party, récemment élu, l'agitation politique des tibétains en exil, sur le sol indien, n'eut été possible.
Les tibétains ici ne sont pas des « réfugiés » mais des « invités » ; il leur est interdit de mener des activités antichinoises.
Même la venue de Nancy PELOSY et de neuf sénateurs américains, le 21 mars 2008, à Dharamsala, a nécessité l'accord du gouvernement.
Au moment où la troisième personne, la plus importante, du gouvernement US, déclare :
« It's our Karma to help Tibet. »
Des militants de « Free Tibet » envahissent les prémisses de l'ambassade chinoise à New Delhi.
C'est dire la complicité d'une partie de l'appareil d'état indien…
La cause tibétaine permet aux ennemis de l'United Progressive Alliance, de perturber la politique étrangère du docteur Manmohan SINGH qui souhaiterait rester en dehors du problème, et respecter les accords de non-ingérence passée avec la Chine.
Les cinq principes bouddhistes du traité du Pansheel marquent, en principe, toutes les relations sino-indiennes.
La diplomatie chinoise s'interdit de faire la moindre remarque à propos de la loi martiale, en vigueur au Jammu et Cachemire et au Manipur ; et en contrepartie, South Block, le ministère des affaires étrangères indien, évite de parler du Tibet.
Or les supporters indiens du mouvement tibétain dont beaucoup de militaires (6), au sein de l'Union indienne, essayent sensiblement de modifier la ligne de conduite du gouvernement.
Leur argumentaire est le suivant :
« Les communistes, qui font partie de l'United Progressive Alliance, sont intervenus directement au Népal afin de déposer le roi hindou GYANENDRA et sont responsables de l'arrivée au pouvoir des maoïstes. Pourquoi le gouvernement du docteur SINGH n'aiderait-il pas le mouvement tibétain ? Alors qu'il est de notre intérêt national de repousser les Chinois loin de la ligne MacMahon… »
En effet, le gouvernement chinois ne reconnaît pas le traçage des frontières des Britanniques, dans la région tibétaine de Tawang, en Arunachal Pradesh (3).
La création d'un Tibet indépendant satisferait le désir des généraux indiens qui souhaitent « une profondeur stratégique », dans le cas d'un éventuel conflit avec la Chine.
Cette volonté affichée de l'État-major indien est en phase avec la politique américaine, dans la région.
LE RÔLE HISTORIQUE DE LA CIA
La documentation sur les activités de l'agence de Langley, pendant la guerre froide, au Tibet est passionnante.
En 2002, le livre « The CIA's Secret War in Tibet », de Kenneth CONBOY et de Jim MORRISON, un ancien espion de la CIA, lève les derniers mystères de l'insurrection de 1959.
Ce sont les accords de Nixon et de Mao tsé toung, en 1972, qui arrêtèrent, provisoirement, les activités de la Résistance tibétaine.
À propos de ces accords, Henry KISSINGER, qui était en visite, à Pékin, très récemment, déclare, le 24 février 2008, au « China Daily » :
« I consider that (his 1972 visit to China) the single-most important thing I did in gouvernment and the one that had the best permanent effect. »
C'est, peut-être, la permanence de ces accords et leurs respects qui conduisent les chinois à ne pas accuser ouvertement le département d'état américain, dans les événements au Tibet.
Or selon Gary WILSON, un journaliste d'investigation américain, l'étroite coordination entre les services secrets US et les récents événements « au pays du dalaï-lama » est flagrante.
La plupart des informations, relatives à l'insurrection du 10 mars, diffusées par la presse mondiale, s'appellent John ACKERLY.
ACKERLY est le président de International Campaign of Tibet.
Son groupe travaille avec le gouvernement américain, le département d'état et le Congrès.
Pendant la guerre froide, ACKERLY s'occupait des dissidents des pays de l'Est.
Au mois de juin 2007, à New Delhi, un groupe intitulé « Friends of Tibet » tient une conférence pour discuter des modalités d'une intervention globale, à l'occasion des jeux olympiques.
Les parrains américains sont présents.
Une marche des réfugiés tibétains, résidant en Inde et au Népal, vers Lhassa, est décidée.
Un peu sur le modèle de la marche des réfugiés Lhotsampas vers le Bhoutan, sévèrement réprimée, par les Border Security Forces indiennes.
Cette marche doit coïncider avec l'ouverture des Jeux, le 8 août 2008.
Au mois de novembre 2007, la sous-secrétaire d'état yankee, Paula DOBRIANSKY, rencontre le dalaï-lama.
DOBRIANSKY fait partie du cercle des néo-conservateurs, impliqué dans l'organisation des révolutions « orange » qui ont changé les régimes politiques en Ukraine et en Géorgie.
Au mois de janvier 2008, les groupes proches du DL lancent un mot d'ordre d'insurrection générale, à l'intérieur du Tibet.
Les exilés annoncent publiquement, le 25 janvier 2008, la création du « Tibetan People's Uprising Movement ».
Le jour choisi pour déclencher l'insurrection est le 10 mars 2008.
L'ambassadeur US, en Inde, David MULFORD, est en conversation avec le dalaï-lama lorsque les bans de l'insurrection sont publiés.
Aveuglement ou naïveté, les Américains semblent certains que l'insurrection peut marcher…
Depuis vingt ans, le gouvernement fantoche de Dharamsala accueille, nourrit, éduque et renvoie, avec l'argent du Congrès US, au Tibet, des milliers d'agents du dalaï-lama.
Ces derniers ont fini par former, sur le papier, un énorme réseau de renseignement et d'action.
Pourtant, malgré le formidable effort de soutien international à leur cause, l'insurrection est un échec.
L'histoire de ce fiasco reste à écrire.
En pleine tempête au Tibet, le passage du flambeau olympique sera la preuve vivante de la sérénité de l'empire du milieu.
HIMALOVE
1.La production d'opium, en Afghanistan, de l'année 2007 a été de 82 000 tonnes – un record ! Selon la presse russe, la marchandise est transportée par des avions gros-porteurs US, Hercule C-130, vers la base aérienne de Bichek, en Kirghizie, puis distribuée, dans toutes les régions de l'ex-Union soviétique… Si un éditeur souhaite un reportage sur la question, je suis prêt à le réaliser. Contacter : himalove xaG yahoo.com 2.Cette information m'a été donnée par une dame, à Katmandou, mariée à un militaire français, entichée de la culture tibétaine, qui a aidé à exfiltrer, de manière très légale, de pauvres tibétains. 3.Lire « Budha's Warriors » de Michael DUNKAN, édition Penguin, 2002 ; préface du dalaï-lama. 4.Les frontières entre le Tibet et l'Inde ont été tracées en 1911 par les représentants du Raj britannique et ceux du XIIIe dalaï-lama ; le gouvernement chinois du Kuomintang a refusé, en position de faiblesse, d'entériner les frontières imposées par l'impérialisme. Les gouvernements indiens successifs après l'Indépendance ont toujours refusé de renégocier ces frontières avec la Chine… 5.Les Lepchas, les habitants originels du Sikkim, ont quasiment disparu. 6.Un des frères du dalaï-lama a rang de colonel dans l'armée indienne.
http://paris.indymedia.org/article.php3 ?id_article=97602
A propos du samedi 5 avril.
Olivier a un peu grossi. Il remonte le trottoir, avenue des Gobelins, "encapuchonné", accompagné de deux-trois léoniens.
Place d'Italie, 14 heures, samedi 5 avril.
Point